C’est ce qu’on appelle une affaire de famille. Cela fait bientôt un siècle que le Douk-Douk est fabriqué dans l’atelier de la Manufacture de Coutellerie Cognet, rue des Horts à Thiers, et que le savoir se transmet de père en fils sans qu’une seule génération n’ait raté le coche. Aujourd’hui, celui qui nous accueille n’est autre que l’arrière-petit-fils du créateur de ce célèbre couteau de poche, Robin Cognet, entouré de son père, Pierre, qui le laisse progressivement prendre la main sur l’entreprise, et de sa mère, Patricia, qui gère la partie administrative, commerciale, « enfin un peu tout, quoi », résume-t-elle. « Les discussions sont animées, en famille », confie le père en riant, sa moustache grisonnante taillée à l’impériale dévoilant un sourire franc. « On se permet de se dire des choses qu’on ne se dirait pas de patron à employés et inversement, mais c’est le jeu ! ».
La fabrication n’a guère évolué à en croire les cartes postales des années 50…
Robin n’était pourtant pas parti pour reprendre l’affaire familiale. Lui qui étudiait le génie électrique, c’est « un beau matin d’août », alors qu’il travaillait comme tous les jours de l’été dans l’atelier de son père, qu’il décide finalement de faire de la coutellerie. Il se lance alors dans un CAP Instruments coupants et de chirurgie, en alternance à la coutellerie Florinox. « Je voulais qu’il roule sa bosse ailleurs », se souvient Pierre, qui s’est lui aussi formé sur le tard après avoir été électricien. Comme si, au dernier moment, la tradition familiale les rattrapait toujours…

LE DOUK-DOUK, UNE FIGURE OCCULTE
La coutellerie Cognet est l’une des plus anciennes manufactures de couteaux de Thiers. Elle a été fondée en 1835 telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais des documents historiques remontant jusqu’en 1616 attestent d’une existence bien plus ancienne. Elle est aux mains de la famille Cognet depuis 1902, date à laquelle Antoine Cognet l’a rebaptisée à son nom. C’est son fils Gaspard, dit « Gaston », qui créé le Douk-Douk en 1929. Dans sa ligne de mire : les îles du Pacifique à l’est de l’Australie, et plus particulièrement la Mélanésie, qui s’ouvrait à cette époque au reste du monde. Pour conquérir ce marché, il imagine et fabrique un couteau de poche tout
