Savoir-faire

La Provence volcanique

Sur les contreforts sud des monts du Cantal, là où le soleil tape plus fort et que la neige se fait moins présente, des lavandes, de la verveine, de l’immortelle d’Italie et d’autres plantes aromatiques et médicinales aux accents méridionaux se dessinent face aux gorges de la Truyère.

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Julia Laffaille

Il faut bien que je vous l’avoue, c’est Éric Kapala, horticulteur fondateur de cette Ferme Florale unique qui m’a soufflé ce très beau titre parfaitement évocateur. Parce que le Massif central et ses terres volcaniques, il les connaît très bien après plus de 35 ans passés à travailler en Limagne comme producteur négociant en plantes, aux côtés de sa femme Pascale.

C’est dans la somptueuse serre de la ferme que les plantes sont distillées après la récolte.

C’est alors dans toute l’Europe que le couple achète fleurs et plantes pour les revendre ensuite en France, un travail lucratif, mais dont il se lasse finalement, désireux de retrouver une vie au plus proche de la nature ainsi qu’un travail qui prendrait plus de sens, en adéquation avec son attachement à l’écologie et l’utilisation des plantes.

Résilience sur les sommets

C’est alors en 2018 qu’Éric et Pascale prennent la décision de revendre leur affaire pour venir s’installer à Auriac, petite commune de quelques âmes seulement où leur maison de vacances les accueillait déjà régulièrement chaque année durant les weekends. Un petit paradis sur les hauteurs du lac de Grandval et des gorges de la Truyère, classées en Zone Natura 2000 et site remarquable, à cheval entre la Margeride et l’Aubrac (deux territoires qui leur ont inspiré le nom de la ferme florale). « Sur les dernières années avant de revendre l’entreprise, il nous était de plus en plus difficile de quitter cette maison de vacances familiale. Chaque dimanche soir, nous retournions au travail presque à reculons », me confie Éric, dont ces signes précurseurs lui annonçaient déjà un changement de cap prochain.

Une soixantaine d’espèces de plantes nobles différentes poussent à 980 m d’altitude.

Deux ans de préretraite permettent à l’horticulteur de prendre un certain recul. Un recul concernant son utilité à la société, fortement remise en question après l’arrêt de son activité, mais également concernant l’importance d’une protection poussée de l’environnement et de projets résilients à mettre en place face aux changements climatiques qui s’imposent chaque année plus rudement.

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