La cathédrale domine le centre ancien de la ville, et comme le puy de Dôme, elle fait partie du quotidien des Clermontois. Sa couleur sombre, qui n’est pas due à la pollution mais à la pierre de Volvic, lui a valu le titre de « cathédrale des charbonniers » par les frères Goncourt. Sa construction, commencée au milieu du xiiie siècle, s’est faite sur l’emplacement d’une église romane, elle-même précédée de deux édifices chrétiens. Les deux flèches, « couleur d’orage » pour Alexandre Vialatte, sont l’œuvre de Viollet-le-Duc, dans la seconde moitié du xixe siècle. Depuis la place de la Victoire, pénétrons dans l’harmonieux sanctuaire et confrontons-nous à l’une de ses originalités : être à la fois sombre et… lumineux, grâce à plus de 400 spectaculaires vitraux.
Un véritable livre d’images
Sur notre droite s’ouvrent le chœur et son pourtour, le déambulatoire. C’est ici qu’il faut se rendre, le matin étant le moment propice, pour découvrir un véritable livre d’images. Les chapelles rayonnantes qui entourent le chœur sont éclairées par de magnifiques vitraux médiévaux. Cet ensemble de verrières est un des plus beaux, des plus prestigieux de France, après la Sainte-Chapelle, Chartres et Bourges. D’après Vialatte, « La beauté ne s’explique pas. Elle s’impose, elle vous saisit. » Et c’est bien un sentiment de saisissement que prodigue ce joyau de lumière aux dominantes vert, jaune, bleu et rouge.

Même si la symbolique nous échappe, on ne peut qu’être fasciné par les personnes et les scènes qu’ils nous montrent. Sortons nos jumelles pour mieux distinguer les détails fort réalistes des médaillons et voyager dans des histoires surprenantes. La chapelle Sainte-Anne présente les vitraux les plus anciens, ceux de l’époque romane. Une quarantaine de médaillons, ronds ou carrés, nous content l’enfance de Jésus. Les anges sont ici ailes déployées, que ce soit dans une belle Annonciation, le Songe de Joseph ou L’Annonce aux bergers
