Il y a des noms qu’on ne présente plus et des visages qu’on ne décrit plus à Aurillac. Tel est le cas de Vincent Pietri. Connu comme le loup blanc, il suffit de voir le nombre de poignées de mains qu’il serre lorsqu’il s’agit de traverser la rue ! Il faut dire que ce Brivadois d’origine fait partie du paysage artistique et culturel de la capitale cantalienne. Artiste photographe, fondateur de l’association et du festival 10ème Art, cet OVNI bouscule les codes et fait de sa ville une véritable galerie à ciel ouvert où, chaque année depuis 2016, artistes, graphistes, grapheurs, plasticiens et muralistes défilent. Ivre de projets, vibrant au rythme de la création, Vincent continue de surprendre et présente son nouveau projet Artopia, un rêve longuement mûri.
Un artiste dans la ville
Artopia. Un nom et un lieu (rue du Frère-Amance) qui ne laissent pas indifférent et convoquent l’imaginaire tant des artistes que des habitants qui frappent à la bonne porte. Car ici, tout est possible. Ce nouveau lieu de vie se veut un véritable laboratoire créatif et collaboratif où se mêlent art urbain, photographie, peinture, création sonore ou encore tatouage. Mais Vincent n’en est pas à son coup d’essai.
« Ce que j’aime, c’est permettre à des créatifs de délivrer leurs sentiments sur un support (…) »
Arrivé à Aurillac en 2003, évoluant dans les cultures urbaines depuis plus de 20 ans, ce fou d’art s’engagea au sein de l’association Session Libre, dont il fut à la présidence pendant longtemps, et participa à la création du festival Session Volcanique, et, en 2009, à l’ouverture de l’Épicentre. « Mais après 15 ans du festival, je commençais à m’ennuyer. J’avais envie de partir à la rencontre du public, de trouver de nouveaux prétextes à créer du lien et à échanger », se souvient-il. C’est ainsi que Vincent crée en 2016 le festival 10ème Art, réunissant la première année une vingtaine d’artistes peignant une dizaine de spots dans la ville pendant dix jours.

Néanmoins, des problèmes de soutien institutionnel poussèrent l’équipe à prendre des décisions drastiques : l’un d’eux, le premier arrivé, devait partir. « J’ai donc confié la partie sportive à Session Libre. J’avais de mon côté envie de développer les pratiques artistiques. » Seul avec ses pots de peinture, le fondateur de l’association 10ème Art transforme alors le festival en saison culturelle (de mai à octobre) durant laquelle des artistes de notoriété locale ou internationale transforment l’espace public en gigantesques œuvres d’art. Huit ans plus tard, une centaine d’œuvres habillent Aurillac et le département, aujourd’hui les supports d’une créativité débordante.
