Un chemin que l’on nomme voie du milieu. Suffisant pour éveiller ma curiosité et réveiller mon infinie envie d’itinérance et de voyage. Celui des origines, du viaticum, de la via, du chemin. Ces temps où le pèlerin, marcheur au long cours, évoluait d’étapes en étapes jusqu’à des lointains imaginaires, souvent nommés Compostelle.
La Via Arverna est une (ré)invention contemporaine. Un pari d’Humbert Jacomet et Christophe Odoult, au début des années 2000, d’un sentier balisé qui parcourt l’Auvergne au départ de Clermont-Ferrand, à travers le Cantal, jusqu’à Rocamadour puis Cahors. Une merveille d’alternative à la Via Podiensis, LE chemin de Compostelle au départ de la Haute-Loire.
De Clermont-Ferrand à Rocamadour
Impossible de voler au Puy-en-Velay son statut de cité du pèlerinage. Mais, si vous ouvrez l’œil, vous verrez peut-être dans les rues de Clermont-Ferrand quelques coquilles pousser. Le balisage bleu et jaune de la Via Arverna débute, en effet, dans la capitale auvergnate. Pour s’arrêter, vingt journées et des centaines de kilomètres plus bas, à Cahors. De Notre-Dame du Port, en Auvergne, à Notre-Dame, à Rocamadour, la voie du milieu fait lien.

C’est toute la mission que s’est fixée Bernard Quinsat (voir encadré), le président de l’association Colportage qui gère ce chemin de pèlerinage. Bien qu’ouverte et accessible aux randonneurs de tous bords – ce fut mon cas sur mon périple en Haute-Auvergne – la vocation première de la Via Arverna est d’être une grande itinérance marquée du sceau spirituel. Peu importent les raisons de partir, la voie du milieu se noue aux valeurs de la marche : la simplicité, le silence, l’immersion, la rencontre… Un refuge pour le corps et pour les âmes.
Le « pèlerinage » version montagne
Pour ma part, je suis parti avec l’envie de marcher et voyager. Six journées de vagabondage à travers les paysages d’Auvergne, tente sur le dos, qui m’ont permis de penser, d’apprendre et de comprendre. En cela, peut-être, j’ai été pèlerin plus que randonneur.
