Point culminant du Massif central, le sommet blanchi du puy de Sancy tutoie le ciel.
Jean-Claude Barlaud posait fièrement devant le téléphérique de la station. Le regard vif, un sourire au coin des lèvres, on sent qu’il est ici chez lui. Il faut dire qu’au Mont-Dore, la famille Barlaud est connue comme le loup blanc. Avec une épouse montdorienne et monitrice de ski, un beau-père chef d’exploitation du téléphérique, une belle-mère qui en tenait la billetterie et un beaufrère responsable des pistes, « c’était presque une mafia familiale ! », plaisante Jean-Claude. Né à 50 km d’ici, il arrive quant à lui au Mont-Dore à l’âge de 10 ans, avec ses parents qui venaient d’acheter un hôtel en ville. Skieur invétéré, Jean-Claude est d’abord moniteur puis directeur de l’école de ski et responsable du domaine skiable, et veille encore aujourd’hui sur sa chère station.

Tous les chemins mènent au Mont-Dore
Première station de sports d’hiver en Auvergne, l’avènement du ski au Mont-Dore remonte au début du XXe siècle, lorsque l’abbé Blot et son confrère Maurice Guitare traversent le Massif du Sancy et arrivent, depuis Besse, au Mont-Dore. C’est ici que le premier ski club voit alors le jour, en 1907, et cinq ans plus tard, une grande semaine du ski est organisée par le Touring Club. Bobsleigh, luges, tremplin, ski de fond, patinage, excursions en traineaux… La mode est lancée ! Mais la guerre interrompit brutalement le développement des sports d’hiver tout juste naissants. Il fallut attendre 1936 pour que l’activité reprenne de plus belle. Victoire du Front populaire, congés payés, réduction du temps de travail… Alors que la France s’éveille au rythme des revendications sociales, une autre révolution se joue dans nos montagnes : l’essor des stations et sports d’hiver. Mais pour les plus chauvins, 1936 c’est aussi, et surtout, l’année de la mythique Coupe Sardier. Première compétition à participation internationale, de nombreuses équipes étrangères viennent se disputer le trophée sur la fameuse piste A le 8 mars 1936. Illustres champions, grands patrons, présidents des clubs de Paris (créé dès 1928), de Norvège, de Suède, de Finlande, d’Italie et d’Allemagne, la station réunit du beau monde ! Ce jour, 12 trains arrivent de Paris au Mont-Dore ! Néanmoins, un petit hic subsistait : il fallait tout monter à pied. Il n’existait encore aucune remon-
