C’est chez lui, dans une ancienne ferme rénovée à Laqueuille, au coeur du parc des Volcans d’Auvergne, qu’Alexandre Letort recueille les données. Dans son bureau, un ordinateur et de nombreux écrans affichent en direct les informations recueillies par des stations météo et des webcams installées sur plusieurs sites du massif du Sancy. Une anémo-girouette (direction et vitesse du vent), une webcam mesurant la hauteur de neige, un pluviomètre, un thermomètre, un système participatif de détection de la foudre et un véhicule 4X4 pourvu d’une mini-station-météo complètent la panoplie complexe de ses outils de travail.
LA MÉTÉO DANS LA PEAU
Alexandre est tombé dans la météorologie lorsqu’il était petit. À l’âge de 13 ans, il avait déjà troqué ses jouets d’enfant contre une station-météo. Une scène de vie qu’une équipe de journalistes de France 3 s’était empressée, à l’époque, de venir filmer. Ce passionné a vite saisi que la météo conditionnait la santé de la nature. « Lorsque l’on admire la nature, la météo en est le contour, le cadre général. Le climat constitue la moyenne de la météo. Si l’on modifie le climat, on modifie le contexte. Même si les situations se répètent, pour moi, étudier la météo n’est jamais ennuyeux, car on voit comment la nature s’adapte à chaque phénomène ».

Après un Master 2 en géographie physique, Alexandre entreprend une formation en autodidacte. Il étudie les mêmes ouvrages que ceux utilisés pour les études de prévisionnistes, tout en enchaînant des jobs qui ne lui conviennent pas : employé au sein d’un bureau d’environnement, vendeur chez Décathlon au rayon équitation, professeur d’histoire géographie ou encore guichetier dans une banque. « Ce dernier travail purement alimentaire me rendait malheureux. Je ne supportais pas d’être enfermé dans un bureau huit heures par jour ! ». Pour être en cohérence avec ses aspirations, Alexandre décide alors de franchir le pas et de lancer son propre canal de prévisions météorologiques : Météovergne. La microentreprise voit le jour en 2017 et se spécialise sur une zone délaissée par les prévisions officielles. « Pour l’instant, je m’occupe uniquement des prévisions sur un territoire s’étendant du massif du Sancy à la chaîne des Puys et à la Limagne. Dans mes bulletins ou lors des stages et conférences, j’essaye toujours d’expliquer de la manière la plus pédagogique possible les phénomènes météo. ».
Alexandre a grandi en région parisienne et en Touraine, mais enfant, il passait toutes ses vacances scolaires du côté d’Ambert et de La Bourboule. « J’ai vite compris que l’Auvergne constituait un territoire extrêmement riche concernant la météo, car les saisons sont très marquées. On peut être témoin de tous les phénomènes météorologiques, exceptés les cyclones. Le printemps, en particulier, se révèle être la saison de tous les extrêmes : on peut passer de la neige aux orages, de la chaleur au froid. Ces variations sont passionnantes. L’automne et l’hiver sont par ailleurs des saisons particulièrement exceptionnelles pour observer le phénomène des mers de nuages dans nos massifs. Ici, la nature est incroyablement belle. C’est une
