L’Aubrac. Ses immenses étendues d’herbe ondulantes, ses lacs glaciaires, ses ruisseaux, ses cascades, ses vaches aux yeux maquillés de noir, ses murets de basalte qui bordent estives et chemins, ses burons isolés au charme intemporel… Le Cap Combattut est la quintessence même de tout ce qui fait la beauté et le mysticisme de ces terres à la virginité rare. Officiellement situé en Lozère mais à une poignée de kilomètres du Cantal et de l’Aveyron, sur la commune de Marchastel et pourtant tourné vers Nasbinals, au fond peu importe à quelles frontières administratives il se rattache : le buronauberge appartient à un autre espace-temps que le nôtre. Isolé en plein centre du haut-plateau, faisant face au légendaire lac de Saint-Andéol – le plus grand d’Aubrac – et à son immense croix de granit, il semble sorti tout droit d’un monde imaginaire.

Ce paysage, on ne le voit jamais deux fois de la même façon : selon les conditions climatiques – très variables – auxquelles il est soumis, les différentes lumières et ambiances offrent toujours sur lui un regard renouvelé. Ce matin-là, c’est dans une atmosphère d’highlands écossais que nous cheminons sur les petites routes aussi infinies que le paysage, dépassés par les nuages qui survolent le plateau à grande vitesse. Arrivés à destination, le jour se lève doucement sur le lac. Le soleil tente quelques apparitions vite étouffées par la couche brumeuse, venant fugacement teinter ses eaux de bleu. Après ces quelques minutes passées dans la morsure du vent, il est temps d’aller se réchauffer dans l’auberge, sentinelle réconfortante qui se dresse quelques mètres plus haut.
Au buron de Cap Combattut, on trouve tout ce que l’on attend d’une auberge de montagne : de la chaleur, du calme et de la convivialité, conditions sine qua non à un ressourcement bien mérité. En poussant la porte du buron, on pénètre directement dans la salle de restaurant, toute faite de pierres et de bois, complétée d’un espace salon autour du poêle. Les minuscules fenêtres qui ouvrent sur l’immensité de ces paysages bruts accentuent la sensation réconfortante d’être dans un cocon. Face à l’entrée, une porte invite dans une salle voutée – l’ancienne cave d’affinage – où se dresse une immense table de 30 couverts. À l’étage, les plus chanceux qui restent dormir à l’Auberge ont le choix entre deux chambres tout à la fois sobres, élégantes et chaleureuses, aménagées sous les charpentes.
